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Feu d’artifice dans la steppe

Vous ne pouvez pas l’ignorer, on fête actuellement les 50 ans d’Apollo 11. Les russes ont décidé de fêter cela en lançant une fusée Soyouz avec 3 passagers à bord en direction de la station spatiale ISS le 20 juillet, date de l’alunissage de Armstrong et Aldrin sur la lune. Ca tombe bien, on passe par là au même moment !

On avait visé cette date depuis un certain temps, depuis qu’on a décidé d’éviter l’Ouzbékistan et de traverser le Kazakhstan. On se retrouve donc le 20 au matin à proximité de Baïkonour, le site de lancement des Soyouz.

Il y a 60 ans, lors des premiers essais de lancement de fusées en Union soviétique, les Russes ont cherché un endroit adéquat pour constuire une base d’essais et de lancement de fusées – d’abord des missiles stratégiques nucléaires puis dans la foulée des lanceurs de satellites et de capsules habitées. Le Kazakhstan est situé au sud de l’URSS, et plus on est près de l’équateur et plus on bénéficie de la vitesse de rotation de la terre pour arriver en orbite (c’est pour cela que les Arianne sont lancées depuis Kourou, très près de l’équqteur). Plus important encore, la steppe aux alentours est complètement vide. C’est plutôt un avantage lorsque la plupart des premiers essais de fusées on fini en explosion ou en crash. De plus, les espaces vides et sans relief permettent plus facilement de récupérer la capsule de retour d’orbite. Et finalement, situé au milieu du continent asiatique et loin de tout centre urbain, l’espionnage y était facile à contrôler (mais pas les avions espions U2 qui ont vite fait de survoler et photographier le site).

Le lieu était proche de la ligne de train Moscou – Tashkent, crucial pour amener tout le matériel. Les Russes ont nommé le site Baïkonour dans leurs communications, qui était le nom d’une ville à quelques centaines de kilomètres de là pour induire les Américains en erreur. Finalement, dans les années 1990, la ville qui s’appelait simplement « cité des étoiles » à été officiellement rebaptisée Baïkonour.

En 1957, c’est là que sont mis au point les premiers missiles soviétiques. Puis comme cela marchait bien, ils ont remplacé une ogive nucléaire par un émetteur radio somme sputnik et envoyé le premier satellite en orbite. Ensuite, en 1961, c’est le premier homme en orbite qui est parti de là, Gagarine. En 1967 c’est la pemière fusée Soyouz qui a décollé. Et depuis, c’est dans les grandes lignes la même fusée qui est utilisée, avec beaucoup d’améliorations et de raffinement, mais c’est le même design de base qui perdure 50 plus tard !

Lorsque l’URSS éclate en 1991 et que le Kazakhstan prend son indépendance, la Russie a contracté un bail a long terme sur une zone de 80 par 90 km qui est de fait sous le contrôle de la Russie. La zone est totalement interdite au public, il existe bien des tours organisés pour assister à un lancement, mais ils coûtent une fortune. Mais l’avantage avec un lancement d’une fusée comme celle-là c’est qu’elle ne passe pas inaperçu, surtout que le terrain est complètement plat et sans un arbre à l’horizon.

Au lieu de se garer au bord de la route comme tout le monde, on décide d’aller poser un bivouac tranquille et un peu plus proche du pas de tir. On avait repéré sur les photos satellite une ancienne base de lancement de missile nucléaires, détruite depuis, mais situées à la limite de la zone d’exclusion, avec une bonne piste pour y arriver. L’endroit parfait !

Mais comme il fait plus de 40 dehors et un fort vent encore plus chaud, on va se réfugier dans un restautoute minable, un grand hall où, heureusement, la clim arrive à maintenir la température sous les 30 degrés. en fin d’après-midi, on reprend la route jusqu’à une bonne piste sableuse fréquentée surtout par les chameaux, qui sont très nombreux par ici. Au bout d’une demi-heure on tombe sur le site, dont il ne reste malheureusement que quelques bouts de béton éparts.

On voit mieux depuis l’image satellite.

On installe donc le bivouac et on prépare l’apéro. Le lancement est prévu pour 21h30, environ 3/4 h après le coucher de soleil, donc on a tout le temps de se préparer. Il fait encore très chaud mais le vent est tombé !

Le problème avec les lancements c’est qu’ils peuvent être retardés à tout moment par un problème technique. Mais non, la fusée part à l’heure exacte, un point extrêmement lumineux qui monte lentement dans le cile, suivi, une minute plus tard (!) par le bruit sourd des moteurs.

Une fois la fusée en altitude elle pivote et commence à prendre de la vitesse horizontale pour arriver en orbite. On la voit alors depusi derrière, éclairée par le soleil pas encore couché à cette altitude.

Très impressionnant. On va ensuite se coucher dans notre tente surchauffée. Le lendemain matin à l’aube des bergers arrivent à moto et nous réveillent. Ils demandent si on peut leur donner un peu d’huile moteur pour leur Ural qui doit en consommer plus que de l’essence ! pas de problème.

Le vent est de nouveau très fort donc on saute le petit déj et on décampe. On le prendra dans le restauroute suivant, derrière lequel sont entreposés 3 sections de fusée / missile en matériau comosite… ?

Pas de commentaire

  1. Excellent ! Cela aurait été encore plus spectaculaire avec une explosion … Non je plaisante 😉 La photo montrant la trajectoire de la fusée est particulièrement curieuse !

  2. Beau reportage, nous n’avons jamais eu cette chance malgré 3 passages au Kazakhstan. A l’époque les routes se construisaient et le site était interdit. Merci de nous faire partager votre périple

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